· 

Mauvaise conscience, mauvaise conseillère

"Je le fais, parce que sinon j'aurai mauvaise conscience." La mauvaise conscience nous dicte trop souvent nos comportements, mettant notre conscience à la trappe. Comment inverser cette tendance ?


La mauvaise conscience, un poison,…

…enfant de la morale obéissante…


Si je ne le fais pas, je me sentirai trop mal.

Cela ne se fait pas.

Je lui dois bien ça.

Que vont-ils penser de moi ?

 

Nous vivons dans une société très moralisatrice issue de notre héritage judéo-chrétien qui s'est construite sur la notion du péché. On ne nous demande pas de nous affranchir du regard des autres, de ressentir ce qui se passe à l'intérieur de nous-même, mais d'obéir aux commandements de ceux qui savent à notre place. C'est un modus operandi très infantilisant. Parfois il y a un peu de rébellion de notre part, mais l'ordre moral judéo-chrétien, profondément ancré en nous, retrouve vite fait bien fait sa place.

 

…qui nous rend sourd et aveugle…


Comme les autres savent pour nous - les parents pour les enfants, les familles pour ses membres, les professeurs pour les élèves, les religieux pour leurs fidèles, les politiciens pour le peuple, les révolutionnaires pour les révoltés, les fanatiques pour les terroristes, … - nous n'avons pas besoin de réfléchir. Nous subissons ou choisissons simplement le "sachant" qui nous convient le mieux. Nous lui faisons confiance en toute non-conscience. C'est lui qui va nous dicter la morale à suivre, peu importe qu'elle soit "morale" ou pas. Si nous ne la respectons pas, nous avons mauvaise conscience.

 

…et qui se nourrit de notre sens du devoir.


Le sens du devoir a été injecté en nous avec le lait maternel. Il assèche l'amour de nous-mêmes et nous rend rigide comme une vieille branche sans sève. Sans amour pour nous-mêmes et sans confiance en nous-mêmes, nous laissons les rênes de notre destiné à la morale venu de l'extérieur avec son compagnon perfide, la mauvaise conscience. 

Le sens du devoir a la suprématie sur nos sentiments et nos émotions que nous avalons au plus profond de nous-mêmes. Il en va de notre honneur, de l'honneur de la famille, de ceux du groupe d'amis, de la patrie, …  Le sens du devoir nous empêche de nous poser les bonnes questions et d'agir selon notre cœur et brandit le spectre de la mauvaise conscience pour nous remettre dans le "droit chemin". 

 

La mauvaise conscience, un poids mort…

…qui nous ralentit…


La mauvaise conscience nous fait "sur-vivre" avec notre culpabilité. Elle nous enchaîne au passé et ne nous permet pas d'avancer librement. Elle a le chic de nous mettre sous le nez nos manquements et de remuer le couteau dans la plaie. Elle nous tire littéralement vers le bas, nous enfonçant dans le marasme de la culpabilité et des regrets.

 

…et dont nous devons nous délester.


Nous faisons tous des erreurs, c'est humain. A nous de les accepter, de nous pardonner et d'en tirer l'enseignement pour faire mieux la prochaine fois.  Ce qui est fait est fait. Lâchons nos remords pour vivre en toute conscience le moment présent pour un futur meilleur.

 

Prendre conscience de notre conscience

Plus nous sommes conscients, plus nos choix sont guidés par l'amour et moins nous déléguons notre responsabilité aux autres. Nous sortons du schéma dominant/dominé et nous vivons notre vie sans ingérence de la mauvaise conscience.

S'écouter


La mauvaise conscience est une fichue chape de plomb sous laquelle notre conscience est littéralement étouffée.  Devenons les archéologues de notre conscience. Elle est ensevelie sous une nasse de voix qui ne nous appartiennent pas. Ce sont les voix des autres, bienveillantes ou pas, que nous avons accumulées notre vie durant et que nous n'avons jamais plus relâchées par manque de confiance en nous-mêmes. Prenons le temps, pour chaque action, de nous poser et d'écouter notre propre voix. Au début elle sera à peine audible, mais au fur et à mesure elle s'amplifiera.

 

Oser


  • Le saut dans l'inconnu
    Maintenant que nous avons discerné, même faiblement, notre voix, passons à l'action. Cela demande du courage car nous avons peur de nous tromper. Effectivement, il n'y a pas de garanties, c'est le saut dans l'inconnu, mais c'est aussi un saut vivifiant.
  • Le moi d'abord
    Nous avons souvent l'impression de devoir quelque chose à l'autre. Si nous ne le faisons pas, la mauvaise conscience se rappelle à nous. N'oublions pas que c'est d'abord à nous-même que nous devons quelque chose : être à notre écoute et oser être à notre propre service. Confrontés à la mauvaise conscience, demandons lui fermement de s'en aller, car nous avons un rendez-vous bien plus important à honorer : un rendez-vous avec nous-mêmes, notre être.  Plus nous sommes à l'écoute de nos besoins et en harmonie avec nous-mêmes, plus nous pouvons partager notre bien-être avec les autres.
  • La responsabilité
    Prenons nos décisions en écoutant notre voix, pas celles des autres qui pullulent autour et dans notre tête. Assumons la responsabilité de nos choix. Si nous choisissons en toute conscience, personne d'autre n'est tenu pour responsable de nos choix et plus personne ne dirige notre vie. La mauvaise conscience n'y a plus sa place.

 

Faire confiance à notre capacité à nous relever


Notre capacité à nous relever est immense.  Bien sur qu'il y aura des fausses notes, des fausses routes. Nous devons nous habituer à discerner et entendre notre voix. Lançons-nous à l'eau et acceptons que nous ne savons pas où cela nous mène, que nous pouvons nous tromper et échouer. Nous apprenons surtout de nos erreurs. Faisons confiance à nos ressources internes et notre capacité d'adaptation pour aller de l'avant. N'écoutons pas cette petite voix qui a peur du changement et de l'inconnu. Elle nous dénigre et nous juge pour nous figer par la peur dans l'immobilité. Passons outre !  C'est de cette façon que  nous allons avancer dans notre vie avec de plus en plus de conscience, sans mauvaise conscience.

 

 

Apprenons à nous faire confiance et devenir responsable de nos actes pour nous passer de la mauvaise conscience et vivre en toute conscience.

Florence, une âme créative 

Méditations actives pour lâcher-prise sans stress

Écrire commentaire

Commentaires: 2
  • #1

    caroline suchodolski (mardi, 17 septembre 2019 16:05)

    Superbe et tellement vrai. À jeudi �

  • #2

    Sylvie Saulnier (mardi, 17 septembre 2019 17:28)

    Merci de nous aider à casser ces chaines!
    Elles nous empoisonnent petit à petit.
    Merci pour cette prise de conscience